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LA FORET DE TSARASOA
Puisque c'est là que vous allez habiter,
il fallait bien que je soigne cette Terre avec un plus grand soin
encore. Cest aussi à titre d'exemple que j'ai voulu couvrir
ce morceau de colline dénudée, attaquée par
les Lavaka, ravag ée par les feux de brousse trop intenses.

Stihl en brousse, pas très écolo mais génial
pour les sentiers et pare feux
Montrer aux habitants de la vallée que la déforestation
n'était pas une malédiction et que l'on pouvait combattre
l'ensablement de leurs rizières.
Les lavaka (cette forme d'érosion si caractéristique
des campagnes malgaches) sont des êtres vivants, alors on
peut les maitriser.
La faim et la malnutrition se font plus pressantes, la Terre
donne des fruits, même en période de soudure.
Sur le domaine de Tsarasoa, je n'ai pas voulu reproduire
les schémas classiques de reboisement; généralement,
ceux ci sont destinés à la production de bois d'oeuvre
et de chauffe, et les espèces à croissance rapide,
d'une monotonie in évitable...

Le système de drainage des eaux grasses qui arrose une
plantation de bananiers et papayers
Je ne serais jamais un éco lodge aux normes internationales
puisque j'ai planté des tas d'espèces qui n'étaient
pas présentes dans la vallée, mais je me suis quand
même limité à des espèces forestières
et décoratives, toutes présentes à Madagascar.
Les fruitiers sont évidement bien souvent étrangers à ces
vallées de montagne, mais si faire pousser ensemble grenadelles,
manguiers, litchis, pommiers, pèchers, orangers est un crime,
alors je veux bien être puni par de sévères
indigestions de fruits murs, ...
Toutes les espèces ont été mélangées,
plus de 35% des plants proviennent des forêts voisines, pas
d'alignement, j'ai voulu refaire une zone touffue, dense, désordonnée,
qui ressemblera à ce qu'elle devrait être.

La première saison avait donné de très bon
taux de reprise avec plus de 70% des jeunes pousses (1000 espéces
forestières et 200 fruitiers)qui ont survécus à une
maigre saison des pluies. La plupart d'entre eux sont aujourd'hui
bien implantés et ils attaquent leur deuxième saison,
bourgeons en tête! Pour cette saison 2005 (4000 arbres de
forêt et 350 fruitiers), je pense dépasser les 80%
de reprise. Les trous ont été mieux préparés,
la saison des pluies s'annonce excellente pour la vallée
et nous avons pu commencer les repiquages beaucoup plus tôt
qu'en 2004. Les fruitiers ont été particulièrement
soignés, encouragés par les résultats de 2004
.
Ces deux saisons assez actives m'ont fait prendre conscience
des difficultés que représente la réalisation
de tels projets.
Deux obstacles majeurs se présentent systématiquement,
le probl ême foncier et la logistique.
Le problême foncier est un phénoméne inévitable;
en l'absence de règles de propriété clairement
définies et les multiples systèmes fonciers (traditionnel
et administratif), reboiser est un réel enjeu pour les communautés
rurales.
En règle générale, la plantation d'arbres
s'apparente à une prise de propriété et peut
aboutir au titrage des terres ainsi mises en valeur; c'est pour
cela que planter un arbre prend tant d'importance et devient facilement
conflictuel.
Travailler avec les fokonolona devient une obligation afin
que ces actions ne soit pas perçus comme une tentative d'appropriation
de nouvelles terres, et sans catalyseur (moi, par exemple!) l'inertie
du syst ème tue les volontés individuelles.

Le village de Soavahiny dominé par Langela et des lambeaux
de for êt
L'approvisionnement en plants est le second obstacle
majeur au reboisement. Chaque année, je dois transporter
des centaines de plants depuis Tananarive jusqu'à Tsarasoa.
En province, à part des eucalyptus et des pins, il est quasiment
impossible de s'approvisionner normalement en pépinières.
Il faut courir les églises, les ferme-école, les
centres multiplicateurs, les Eaux et forêts, les privés,
et malgré ça, on a jamais tout ce qu'on veut.
Mes meilleurs fournisseurs ce sont les pépiniéristes
de la RN7, au Sud de Tana.
Je peux leur commander n'importe quelle espèce, ils me la
trouvent, je passe des commandes, je suis livré au jour
dit, mille fois plus efficaces que toutes les structures officielles.
Si efficaces qu'ils sont en train de se faire financer des aménagements
et des serres par la Coopération Suisse.
Mais quand même, pour tout le pays, c'est encore un peu léger.
C'est pour ça que je viens de faire tailler une terrasse
pour une deuxième pépinière de 5,000 plants
et en 2006, je compte bien produire moi même environ 10,000
plants d'esp èces diverses. |