English (United Kingdom)French (Fr)
ONIBE
Crocos de Tana - FALAISE DE L'EST
Le top de l'expe Raft-Trek de Madagascar

Je vous en mets une tartine mais je me suis trop régale sur ce parcours. Flotter comme ca en lisière d'une forêt parfaitement protégée depuis près de soixante ans, c'est un rêve, ...

Les premiers rapides au depart de Nonokambo  

Départ le 27 Septembre


Tana - Ambatondrazaka dans un petit monomoteur avec bagages sur les genoux!


A bord, notre pilote, Bob, mon client préféré, géologue de profession, responsable du département des Sciences de la Terre à l’université de Washington, St Louis, Missouri. Tsilavo est un étudiant Malgache en géologie, dans une autre université de la ville; il a l’air un peu perdu et inquiet de la tournure que prennent les éléments!


Lui qui semblait s’attendre à un petit «field trip» tranquille au pays de ses ancêtres, il semble commencer à réaliser que cette expédition ne ressemblera guère à des vacances dans l’Océan Indien, ……


A 10h 15, arrivée à Ambatondrazaka, un service d’accueil qui attend le Prez en visite dans cette bourgade de province nous salue, pensant avoir affaire à des membres de la suite présidentielle, j’aime bien.

 

Départ en tracteur ou plutôt dans une remorque sur des sacs de riz en guise de fauteuils. D’abord tranquille, la piste devient pourrie à partir d’Andreba en abandonnant les rives du lac Alaotra pour attaquer la montagne.

 

Deforestation, vous avez entendu parler???   

 

 

John Deere. 29 ans de services ne l’ont pas totalement abattu. Il cahote doucement sur la piste, sans hésiter devant les ornières les plus profondes.

A mi-chemin, on éclate un pneu, déchiré sur 50cm. On sort la rechange, un coup de pompe déglinguée, la valve fuit, qu’à celà tienne, un peu de duct-tape et on repart.
Plus loin, c'est la durite d’huile qui pète et je ressors mon rouleau magique qui colmate la fuite.

Parcours original pour ce propriétaire : prof de philo pendant 9 ans, spécialisation en journalisme international à Moscou pendant 3 ans et il finit, plutôt cool, au fond de la brousse à transporter du bois et du riz dans les coins les plus isolés de la région.

Arrivée à Manakambahiny vers 7h 30, la nuit déjà bien en place.
On doit encore rejoindre le camp qui est installé à une quinzaine de kms de là. Départ trek vers 8h 30 et arrivée à Nonokambo un peu avant minuit ! Pas mal pour se remettre d’un jetlag de 6 heures!

Il a plu dans la soirée mais les tentes sont déjà montées au milieu de cette clairière endormie. On arrive quand même à grignoter un morceau avant d’aller se coucher au son des grenouilles qui ne se soucient guère de tout ce remue ménage.

 

12 enfants à bord et ca flotte, ...    

28 Septembre.
CAMP PRES DE NONOKAMBO,
AU BORD DE LA RIVIERE ONIBE

1er jour. On met des heures à émerger. La nuit a été courte et vers 5h 30 il pleut une petite demi-heure.


Petit-déjeuner au soleil, sans se presser, montage des bateaux laborieux et finalement, une mise à l’eau vers 11h 30!! Petit courant pour commencer et premiers arrêts de géologie; globalement, on n’avance pas, une vraie cata!
Félicien a du mal à barrer, Mano a peur, Nathalie un peu moins mais ils ont du mal à mettre les pieds dans l’eau. Ce sont les deux étudiants de l’Université de Tana supposés être là pour apprendre quelque chose du Professeur Tucker, mais malgré mes reccomendations, je ne suis pas convaincu qu’ils aient le profil adéquat pour ce genre d’expédition; malheureusement la suite des évènements me donnera raison, plus que prévu!……

Gros couac du jour! Sakafo et tsaky tsaky sont restés au camp et les porteurs chargés de nous apporter le tout, ne trouvent pas la rivière????


En milieu d’après-midi, premiers passages baston, on finit par glisser entre, et sur les cailloux, quelques chutes à la corde de 8-10 m, rien de trop grave pour l’instant.

 

 

L'Onibe commence à peine sa course vers l'Océan,  
on est encore dans du petit volume.  

 

On avance plus! L’autre bateau a vraiment du mal avec son équipage et Félicien, le capitaine n’arrive pas à prendre ses décisions.

On porte un gros seuil de 10 m pour attérir sur une grande plage avec plein de bois mort en fin d’après-midi, raisonnablement fatigués par ce premier jour.
Je décide d’arrêter là!. C’est plein de bois mort et le feu réchauffe vite les vahiny affamés et trempés. Mano et Nath sont passés à l’eau, Tsilavo est tombé dans un trou entre 2 cailloux, Félicien a glissé en passant le bateau sur un bloc, je me suis retrouvé le cul dans l’eau et j’ai tapé la dame de nage qui m’a fracassé une côte, Bob est OK mais on est tous morts de faim! Ça promet pour les 5 semaines à venir.
Une fois installés sur la plage, je fonce avec la radio en haut de la colline. Chouette coucher de soleil et personne au bout du fil!!.

Un moment plus tard, j’accroche Manantena et petit à petit, on s’explique. Notre petite troupe est à une dizaine de kms plus loin et le camp, déjà installé, est replié!

Il faudra encore plus de 3 heures avant qu’ils ne nous retrouvent. Félicien m’a remplacé au sommet de la colline et il a repéré le groupe à deux vallées de là.

Manantena marche avec une de ces lampes new-tech et Félicien a gardé la mienne. Ils se font des signaux à plusieurs kilomètres de distance, c’est vraiment super la technologie quand ca marche sur le terrain.

Un petit coup de radio par-dessus et le pique-nique arrive quelques minutes avant minuit. Pour une première journée, c’est génial.

On est dans l’ambiance et les regards de nos jeunes Malgaches se font inquiets; les porteurs, eux, ricanent, ils ont l’habitude de mes petits délires et en ont vus d’autres!
Ceci dit, on n’avance toujours pas et je me demande comment va se passer la suite?
A ce rythme, on va être en retard, grave!

Une heure du matin, le camp s’est endormi, je m’en fais un dernier et je vais plonger.
La cascade gronde mais berce mes muscles fatigués, bonne nuit, à demain.

 

Bivouac sauvage en attendant les porteurs perdus, ...

29 Septembre
Une plage sur l ’Onibe

Nuit assez cool, pas trop froid et sec. On commence à se réveiller vers 6h 30 mais les Vahiny ont un peu de mal à émerger. On finit par décoller vers 10h et ca commence plutôt calme.

Premier passage un peu tortueux, Félicien réussit l’exploit de retourner le bateau. On récupère tout ce qui flotte, on sèche un peu et c’est reparti, journée sympa avec pas mal de passages (cl, II-III) et puis vers 3h on attaque une série de marches assez raides. La première fait tout juste 1m 50 et l’on saute gentiment avec le sourire.

Petite reco pour checker la deuxième, qui est bien plus haute et on se lance! Ça swingue et Bob glisse sur Tsilavo. Les deux se retrouvent à l’eau, accrochés au cat, le tout scotché dans le rappel.

Je reste dans le rappel pour récupérer mes généreux sponsors en passe de boire quelques tasses et j’attrape Tsilavo en premier.
Il est blanc! tout blanc! J’essaye de le tirer à bord, mais il est tétanisé sur les dames de nage et je dois lui hurler dans les oreilles pour qu’il lâche prise et se laisse remonter sur le bateau.
Après, c’est le tour de Bob qui continue à tourner dans le rappel. Le bateau réagit bien et ne se fait pas avaler, super ces Cats.

Un fois tout mon petit monde à bord, j’en chie bien un peu pour sortir de ce trou. Il ne reste plus que la pagaie de Bob, Tsilavo a lâché la sienne.
On force comme des bêtes et l’on finit par s’arracher à ce piège.
Bob a perdu ses deux lentilles de contact et ne voit plus rien.
Tsilavo a sauté à terre et ne veut plus embarquer. Il a bien flippé le pauvre, …
Il reste encore plusieurs centaines de mètres de petits seuils entre des blocs et on finit par se retrouver Bob et moi en eau calme.

 

Virage relevé à donf! Le plus beau passage de la rivière.  

 

Petit arrêt pour se remettre et on repart jusqu’à une plage un peu plus loin, au pied du village de Varahina.
Félicien et Mano sont scotchés dans ce merdier et deux heures après, on les attend toujours. Nathalie est sur la berge, quelque part dans la forêt et a du mal à avancer! On l’entend appeler de temps en temps sans la voir! A 4h, liaison radio avec Manantena, on attend les porteurs pour monter le camp.
La moitié du village est venue nous serrer la main et mater le bateau! Trois quarts d’heures plus tard, les premiers porteurs commencent à arriver.
Je repars seul à contre-courant chercher Mano et Nath qui se sont retrouvés sur l’autre rive à 400m de là. J’aperçois Félicien qui finit la dernière section, seul à galérer dans les blocs!
Le camp s’installe sur une étroite bande de sable au pied du village les badauds se pressent, gamins plein de morve et de curiosité, jeunes filles avec leurs enfants au bras , vieilles mamans édentées, l’idiot du village, le pochetron du quartier, le coq du poulailler,...
Le soir tombe, les curieux se rentrent, la cuisine tourne, c ’est l’heure de l’apéro disco.

Programme pour la bouche :
- Whisky
- Bush Baileys (Rhum Saint Claude plus lait concentré)
- Jus d’orange
- Tsaky-tsaky (les amuse-gueule du cru)
Et pour les oreilles, ca part en live complet.
Bob attaque avec, The river de Bruce Springsteen.
Je lui renvoie le jazz étrange de Rabbi cheik Halil et son Blue Camel, puis sur un coup de tête, je plonge dans Carmina Burana du défunt et regretté Carl Orff!
Là-dessus je retourne chez les Mwarabs avec quelques Railleries bien senties.
L’Amérique se devait de réagir devant un tel exotisme musical et Mister Tucker sort l’arme absolue pendant que je pars enfiler une petite laine.
A genoux dans ma tente, je reconnais l’intro de Riders on the storm!
Waoow ca va être difficile de faire mieux qu’un Morrison au mieux de sa forme.
On est là tout seuls avec Bob, nos compagnons de voyage sont tous écroulés à droite, à gauche, rincés.
Le Team malgache semble un peu dégoûté par l’eau vive.
Bon, je me laisse pas faire et quand on arrive au next whisky bar, j’ai ma réponse, imparable, Un best of Fela Ransome Kuti et je reprends l’avantage.
Le Bob y plane un grand coup sur le sax endiablé du maître et on laisse filer tout l’album; Les sons flottent sur la rivière, grenouilles et grillons essayent de suivre le rythme, les canards se dandinent sur la berge et cerise sur le gâteau, on a droit à une bande de Varicca (gros lémuriens de l’Est) qui hurle dans la forêt, trop cool l’apéro.
Y ’a même pas de moustiques.

 

Peut-être le plus beau bivouac de la descente,
l'embouchure de la Varahina  

 

30 Septembre
Camp VARAHINA

 

Devant le manque d’ardeur de notre équipe locale, je décide de plier les bateaux et on part à pied. Déco du camp vers 9H 20, on longe la rivière et de temps en temps on descend au bord, histoire de casser quelques cailloux. J’ai les boules car l’Onibe est superbe.

 

 Plein de jolis passages à rafter, il commence à y avoir un peu plus d’eau et les seuils/rapides restent très raisonnables. Vers 11H on tombe quand même sur une belle chute d’une quinzaine de mètres mais le portage est facile.

 

 

 

  La riviere s'élargit, le volume gonfle régulièrement
   et ca bastonne gentil, ...

On s’arrête à la rivière Sahalampy pour attendre le reste de la troupe;
1H 15 plus tard, ils arrivent!
Histoire d’attente, de kabary, etc,...
Un petit sandwich vite avalé et on repart avec Pierre et Jean Chrisostome (Jean Chris pour les intimes) pendant que les porteurs finissent leur riz.
On nous annonce 4 h pour rejoindre le village suivant et retrouver l’Onibe qui fait un crochet vers le nord, mais après 50 minutes, on est à peu près à la moitié du chemin. Jean Chris veut s'arrêter bivouaquer là, alors je pars devant.
500m plus loin, il nous rejoint, penaud, ...
On arrive à Mitanonoka vers 5h moins le quart, 2h après notre départ. Traversée amusante du village; je suis parti seul et tombe sur 23 pochetrons, légèrement sur le cul de me voir débarquer seul de la forêt!
On s’installe 1km plus loin sur les rives de l’Onibe sur de petits bancs de sable, et on attend la logistique jusqu’à 8h.
Ils se sont trompés de chemin! Justin a soi-disant suivi mes flèches??? 10h 30 le repas est envoyé tout le monde est parti se coucher, j’ai les yeux qui se ferment.
Bonne nuit et à demain.

 

Le passage le plus chaud et bouillonant   
de la rivière, tout en bulles, ...   

 

01 Octobre
Camp sur l ’Onibe/Mitanonoka

 

Je suis réveillé par le chant des Babakoto. Le jour commence à poindre et la forêt s’anime aux hurlements de nos lointains cousins.
Le plus gros des lémuriens émet des modulations envoûtantes qui remplissent aubes et crépuscules dans ces forets pluviales; c’est ce que j’aime le plus de mes voyages sur l’Est. Le temps est splendide, pas un nuage, la rivière dégage une petite brume qui court entre blocs et bambous. 6h le camp se réveille, Bob part à la pêche au scoop géologique. On prépare la journée tranquillement. Nous revoilà sur la route! Ouais, enfin, si on peut appeler ça une route??
Le sentier surplombe l’Onibe et les passages d’eau vive se succèdent à un rythme plutôt serré.
À mon avis ça passe partout jusqu’à un escarpement carrément impressionnant.
Ç a dégueule de la montagne et le sentier nous éloigne du défilé dans lequel semble se perdre la rivière. 500 m plus loin on voit la sortie; que du blanc et une sacrée dénivelée.
Après cet infran?, ça continue comme avant, tout en classe III-IV superbe morceau de choix pour les amateurs.
Bob s'éclate sur les cailloux mais à chaque fois, on galère pour choper la rivière entre ronces et broussailles. Le coupe-coupe coupe court à mes hésitations et je finis la matinée, un peu lacéré par les épines de la foret.
Déjeuner à midi au bord d’un petit ruisseau, les porteurs se gavent de riz pendant qu’on déguste une super salade de Manantena.
Difficile de repartir en plein soleil mais on continue tranquillos jusque vers 4h 30, quand on atterrit sur un outcrop de luxe. Les géologues s’en donnent à cœur joie et martèlent granits, quartzites, intrusions et autres merveilles de la création. On arrive à installer les tentes, tant bien que mal et on se finit la journée écroulés sur de grandes dalles de rocher baignées par le soleil qui se couche.
Petite séance de soins, le végebom et l’aspirine font des miracles.
En face de nous, les babakoto saluent à leur manière la tombée du jour, dans un incroyable concert de hurlements.
La nuit est arrivée, tout est calme et des milliers des lucioles illuminent les berges et la forêt. Superbe!

 

 

Traversée de l'équipe logistique sur les bacs employés sur toute la côte Est.

 2 Octobre
NAMARAFANA

 

Le jour se lève, gris, bouché. Ça ressemble plus à la côte Est comme ça!
J’espère que ça va se lever, mais au moins on n’aura pas trop chaud en marchant!
La rivière est superbe, seuil après seuil, ça passe partout jusqu'à un deuxième escarpement plus sérieux et le sentier s’écarte de l’Onibe. Après ca repart tranquille en une succession de rapides qui ont un air sympathique; la plupart doivent passer à vue. Il commence à y avoir beaucoup plus d’eau et on s’arrête à midi sur les berges de ce qui commence à ressembler à un fleuve. On est dans un bosquet de bambous majestueux.
Vers 1h il pleuviote pendant 10 minutes et on repart sur un bon sentier assez large et bien à niveau, les montées sont vite avalées, on gagne du terrain!...
Petit arrêt bananes à Bongabe (grosse bite!), ce qui fait bien rigoler l’ami Bob.
A peine une heure après, on arrive à Andonaka et on traverse tous sur des radeaux en bambou. Bob est fatigué, on décide de poser le camp.

Pendant que mon petit monde s’installe sur cette grande plage de sable blond, Félicien, Menja et moi, montons les cats sous les yeux amusés des broussards locaux. A 5h démonstration sur une petite vague, à 50m de là. Je grimpe avec le contre, je pars dans l’axe et juste avant le creux, grand coup de rame en arrière pour surfer un peu. J’arrive à tenir 5 ou 6 secondes, mais c’est vraiment trop petit pour durer plus. Ça amuse quand même la populace et content de moi je les laisse s’amuser.
Bonjour l’ambiance.
Le soir tombe, Bob est malade, Tsilavo aussi et le reste du team malagasy est quant à lui, juste crevé!
Repas tristounet dans le noir. Il y a tellement d’insectes volants que l’on a été obligé d’éloigner les lampes. Je finis la soirée dans la tente à gribouiller mon carnet et vous narrer les péripéties du jour.
Ma côte me fait toujours mal, mais le mouvement des rames n’est pas trop violent et ca devrait aller.
On avance vraiment pas vite, le moral est au beau fixe.

 

 

Un arrêt pipi ou géologie, quelque part sur l'Onibe.

 03 Octobre
ANDONANAKA

 

Super, on arrive à décoller à 7h30. Merde, on met 2h à faire 1km! Premiers rapides, un gentil classe III facile mais il y a une mutinerie. Tsilavo et Mano débarquent et laissent Félicien se demerder avec le bateau.
Re-merde, ils ont débarqué sur une île et Félicien doit remonter les chercher car ils n’osent pas traverser seuls.
Du coup, je les débarque et Menja embarque pour les remplacer. Après ça le rythme devient excellent et on va plus vite que les porteurs. Nathalie commence à s’amuser et la rivière est splendide.
Break à midi, on a 45mn d’avance sur la caravane.
On s’installe dans l’herbe verte au pied de grandes bambous et je débusque un maousse menarano qui part cacher se 2 mètres d’écailles au fond d’un fourré.
L’après-midi, on rigole bien! D’abord Moi!
J’attaque un S assez serré avec un gros portefeuille à la clé, si on ne tourne pas assez serré. Je passe au ras du bloc l’avant tombe dans le trou, et soudain Bob décolle. Il semble voler dans les airs, puis disparaît dans l’écume.
Je le rattrape quelques mètres plus loin et on attend le bateau suivant;
É videmment, ça ne rate pas, Félicien monte sur le bloc, tombe au fond du trou, puis l’arrière se fait avaler, et c’est le soleil.
Je les aide à retourner leur bateau, file récupérer les pagaies qui flottent dans le courant et on repart. Un peu plus loin, dans un rapide, Félicien arrive à mettre le bateau en cravate et avec Menja, ils passeront près de 20 minutes pour sortir de là .
Au final, le cadre est légèrement voile, ca me fout les boules!
On s’arrête vers 16h au point de rendez -vous et 30 mn plus tard, les premiers porteurs arrivent.
A 8h 30, le repas est envoyé et tout le monde part dans tente!
A 9h 15, j’ai les paupières qui se ferment toutes seules,
Ciao, à demain.
P.S: Bob a pris un somnifère et il ronfle!...

 

Un superbe camp, face à la grande forêt, vivante, bruissante, ...

04 Octobre
Camp ANTSIRANAMBE

Journée d’enfer!


On attaque 200m après le camp, dans un boxon de blocs plus ou moins franchissables. Les porteurs nous ont apporté le bateau là et la descente commence plutôt sympa.


On descend enfin à bonne allure; succession de petits seuils et chouettes rapides que l’on négocie tous à vue. C’est vraiment une section superbe.
Le lit de la rivière est parsemé de blocs, d’îles, de bancs de sable et c’est un plaisir que de naviguer ainsi, entre des murs de bambous qui semblent s’étendre sur les deux rives, sans doute jusqu’à la mer.
Le team, Félicien et Menja commence à trouver ses marques et ils n’hésitent plus à me suivre sans repérage!
On s’arrête au point de rendez-vous à Antsiranambe et on délire un grand coup avec les villageois qui ont accouru.
Bon, ils sont bien sympas mais vraiment trop crades. Distribution de bonbons soumise aux conditionnalités de l’aide internationale, tous les enfants partent se laver pour avoir un biscuit!
Du coup, même les grands se retrouvent dans l’eau et commencent, eux aussi à se laver. Une heure plus tard les porteurs nous rejoignent et on file planter le camp sur un super spot plein de

sable, à 500 m de là. Incroyable 9H 30 à peine et j’ai les yeux qui me piquent! Du coup, et au risque de me répéter, Veloma.

 

05 0ctobre
ANDONAKA

Encore une super journée!
Un peu longue quand même (30-35 kms); et avec de longs plats face au vent. Un peu moins de rapides qu’hier mais de super sections avec plein de blocs et d’îlots un peu partout.
Ma côte (fêlée??) me fait mal et le vent me force à pousser sur les rames, ce qui n’arrange guère la situation.
En milieu de journée, on se retrouve scotché sur un caillou, je descends pousser et en sautant dans le bateau, je retombe sur là ou il fallait pas!
Grand flash dans la tete, la douleur me lance, maudite cotelette, …
En fin d’après-midi tout le monde est fatigué. Dans un S assez rapide, on tombe sur un trou que j’avais pas vu et Bob est éjecté du cat. Je le rattrape par le col et on court après sa casquette. Félicien et Menja s’en sortent de mieux en mieux et me suivent désormais sans discuter. Ils passent encore un peu en catastrophe, mais ça passe. Le soir Tilapia grillé sur la plage et puis au lit.
10h 15, je ne dors pas encore, mais ça ne devrait pas tarder.
Demain Foulpointe!

 

Un défilé avec juste les vagues qu'il faut; nettement plus galère pour les porteurs.

06 0ctobre
FOULPOINTE

Ça y est, on est demain. Fin du voyage.
Une demi-heure de pluie vers 5h 30 me fait traîner un peu dans ma tente.
La journée commence un peu molle, on a 45m à perdre pour arriver à la côte et ça présume quelques gros rapides au programme.
Dès le départ, tout s’enchaîne au poil. On enchaîne tous les passages à vue, sauf un, que Bob préfère passer à pied.
Une chevauchée en S d’une cinquantaine de mètres avec des bosses, un virage relevé, d’anthologie. Je passe le bateau, tout seul comme un grand et l’on continue comme ça jusque vers midi.
Il faut noter quand même noter le plongeon de Bob dans une vague un peu violente; cette fois-ci, il ne perdra qu’un crayon, je récupère même un feutre qui dérive 100m , plus bas.
Arrivés à Ampasimbe, on voit un pick-up qui prend la route et qui nous distance peu à peu.
La suite tient plus du calvaire que de l’arrivée triomphale que j’imaginais. Il nous reste plus de 15 kilomètres, sinistrement plats et on doit se battre comme des forcenés, d’abord contre le vent qui se souffle déjà assez fort, puis plus loin, avec la marée qui remonte à une dizaine de kms à l’intérieur des terres. Ça devient tellement laborieux qu’on finit par tirer le bateau pendant plus d’une heure; je marche dans l’eau, presque honteux avec le cat à la traîne. Pour un équipage qui vient de rafter l’Onibe, c’est pas très glorieux.
On finit par arriver en ramant au pont. Le deuxième bateau est à plus d’une heure derrière nous et 30 minutes plus tard, on a la surprise de voir arriver le pick-up d’Ampasimbe avec toute l’équipe de logistique entassée à l’arrière.
La journée se termine par un bon repas au Gentil Pêcheur de Foule Pointe.
Demain retour à Tana, la fin d’une super aventure.


L'arrivée au pont de Foulepointe, pas si glorieuse que ca!

L’Onibe aura été une rivière magnifique, et j ’espère y retourner un jour!

Avec vous peut être....

 

LES PAGES KAYAK

FALAISE DE L'EST

 
L'eau vive à Madagascar, c'est avec LES CROCOS DE TANA