C'est d'Ambilobe qu'il vous faudra partir pour atteindre les villages de Zarambavy/Zarandahy.
Il y a une trentaine d'années, ce site occupait une place importante sur la liste des spots à ne pas manquer.
Malheureusement, aujourd'hui, seul un bon chauffeur de 4x4 pourra vous mener au bout de la piste qui remonte le long de la Mahavavy, rivière connue pour abriter une population importante de crocodiles. Les autres options restant la moto, le VTT et la marche à pied ; les taxi brousse remontent toutefois jusqu'à un village situe a mi chemin des 80 kms qui s éparent Ambilobe des chutes de la Mahavavy.
Haut lieu sacré pour les Antekarana (ethnie locale), l'endroit reste un lieu de pèlerinage classique pour venir demander aux ancêtres bénédictions et faveurs. La Mahavavy qui descend du Tsaratanana vient se jeter dans un étroit défilé et cascade bruyamment entre des gorges profondes large de quelques mètres à peine. Entouré de fady (interdits coutumiers), les légendes sont nombreuses et il faut effectuer plusieurs fomba (rituel traditionnel) avant de pouvoir s'avancer, vêtu seulement d'un lambaoany (paréo du cru) jusqu'au bord de la falaise. Cette cascade qui gronde, encadrée par deux montagnes remarquables de sylenite (Zarambavy, l'homme, et Zarandahy, la femme) symbolise une sorte de trinité divine et les rites de fertilité y sont courants. C'est un de ces endroits qui dégage des vibrations puissantes, inexplicables. On n'est pas à Disney Land et les rituels sont empreints de solennit é forçant le respect et l'humilité.
Comme partout dans le Nord, les gens sont très accueillants et seront ravis de vous faire d écouvrir leur région.

A quelques kilomètres du village, on peut trouver au bord de la rivière une grande piscine de granite alimentée par une source d'eau chaude ; on peut ainsi alterner des sauts dans la Mahavavy aux eaux glacées du Tsaratanana et une trempette dans des eaux presque brûlantes. Faudrait voir à quand même pas trop traîner dans la rivière qui est gardée par les crocodiles de la Mahavavy. Il y en a même un qui habite à 200m du gué qui sépare les deux villages de Zarambavy et Zarandahy.
Apparemment, il n'a pas l'air de déranger la vie paisible des habitants qui le considèrent un peu comme partie de la famille. Toujours est il qu'avec de l'eau à mi-cuisse, je traîne pas pour traverser la rivière, et jamais on me le fera faire de nuit !
C'est également un accès pour le Tsaratanana, sans doute le côté le plus sec et varié. C'est aussi le flanc le plus habité de la montagne et vous pourrez rencontrer des petits villages à 3-4 jours de marche du sommet. Bien qu'ignorée des opérateurs touristiques (tant mieux) en raison des problèmes d'approche, la région est splendide ; la chasse y est bonne (gibier d'eau, pintades, sangliers) et en amont du site, la rivière regorge d'anguilles. Jamais aucun touriste ne visite le coin et c'est une excursion que je recommande à tous les amateurs d'authentique, sensibles au mystérieux et à l'inexplicable. Attention, il fait chaud dans cette vallée, abritée du varatraza qui vous a maintenu au frais autour de Diégo, mais la piste longe presque toujours la rivière, autorisant des petits rafra îchissements en cas de besoin.
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